Recherche IA : les domaines locaux récupèrent les clics
Une étude sur 87 millions de visites montre que les moteurs IA citent souvent des domaines locaux. Le SEO international doit auditer les données utiles par marché.
Les clics de la recherche IA partent souvent vers des domaines locaux. Voilà le vrai signal SEO.
On répète depuis un an que la recherche IA favorise les gros sites. C’est partiellement vrai. Une analyse publiée par Aleyda Solis remet de la réalité dans le débat : en recherche IA, les clics ne vont pas toujours au plus gros domaine mondial. Ils vont souvent au domaine local le plus utile.
L’étude s’appuie sur 87 millions de visites issues de la recherche IA, observées via Similarweb sur 10 marchés et plus de 57 000 couples domaine-marché. Le point intéressant n’est pas le volume global. C’est la couche qui produit réellement des clics après citation ou lien dans une réponse IA.
Et là, le schéma est clair : hors États-Unis, les domaines locaux tiennent très bien le terrain.
Amazon ne gagne pas partout
En e-commerce aux Pays-Bas, Bol.com peut passer devant les réflexes globaux. Au Brésil, MercadoLivre joue un rôle central. En Allemagne, sur des intentions de transport, Bahn.de a plus de valeur qu’un agrégateur international. En Italie, pour un trajet Milan-Rome, Lefrecce.it répond mieux que Booking.
Ce n’est pas une anomalie. C’est logique.
Une IA de recherche ne cherche pas seulement une marque connue. Elle cherche une réponse exploitable. Horaires, disponibilité, stock, prix, couverture locale, données structurées, confiance institutionnelle. Si le site local possède la donnée opérationnelle, il peut gagner la citation, puis le clic.
C’est une nuance importante pour le SEO international. Beaucoup de directions marketing raisonnent encore avec une carte Google classique : autorité du domaine, backlinks, part de voix, positions moyennes. Mais les moteurs IA fonctionnent davantage comme des systèmes de réponse. Ils ont besoin d’une source qui résout la tâche.
Les concurrents SEO ne sont plus forcément les concurrents IA
C’est le point le plus concret de cette actualité.
Une marque peut surveiller Amazon, Booking, TripAdvisor ou les gros médias depuis dix ans, et rater le concurrent qui remonte dans les réponses IA. Ce concurrent peut être un acteur local, un comparateur spécialisé, une base de données publique, un site institutionnel ou un outil métier.
Dans l’étude, les verticales réagissent différemment. En e-commerce, 5 domaines peuvent concentrer 50 % des clics. En finance, il faut plutôt 17 domaines. En travel, la fragmentation explose : 47 domaines pour atteindre 50 % des clics, et même 129 domaines au Royaume-Uni selon le segment observé.
Conclusion simple : il n’y a pas une stratégie GEO internationale. Il y a des stratégies par pays, par verticale et par intention.
Le signal à auditer : qui possède la donnée utile ?
Pour moi, c’est le bon réflexe à adopter en 2026.
Avant de produire encore 30 articles de blog génériques, il faut poser une question plus froide : quelle donnée unique mon site apporte-t-il à la réponse ?
Pas une reformulation. Pas un texte propre. Pas une page optimisée avec trois H2 et un schema Article. Une vraie donnée.
Exemples : disponibilité réelle, prix à jour, zone desservie, délais, photos originales, avis vérifiés, contraintes locales.
C’est là que les sites locaux peuvent reprendre de la place. Pas en copiant la structure éditoriale des leaders, mais en exposant mieux ce qu’ils savent déjà.
Ce que je ferais sur un site international
Je ne commencerais pas par un audit de mots-clés classique. Je commencerais par une matrice simple.
Pays par pays, je listerais les intentions importantes. Pour chaque intention, j’identifierais les domaines cités ou cliqués dans ChatGPT, Perplexity, Gemini, AI Overviews et Bing Copilot. Ensuite seulement, je comparerais avec les concurrents SEO traditionnels.
L’écart entre les deux listes est souvent l’information la plus rentable.
Si un acteur local revient dans les réponses IA mais pas dans vos dashboards SEO, il faut comprendre pourquoi. Données plus fraîches ? Meilleure structure ? Marque locale plus fiable ? Contenu plus opérationnel ? Présence dans des sources tierces ?
La mauvaise réponse serait de dire : “il faut faire du GEO”. Trop vague.
La bonne réponse : il faut rendre vos données locales lisibles, vérifiables et citables.
Mon avis
Cette étude confirme une chose : la recherche IA ne tue pas le SEO local ou international. Elle le rend plus exigeant.
Les sites moyens qui publient du contenu moyen vont souffrir. Les sites locaux qui possèdent une vraie donnée ont une fenêtre. Mais cette fenêtre ne restera pas ouverte longtemps. Les gros acteurs vont aussi structurer leurs données, segmenter leurs domaines, localiser leurs réponses et acheter de la visibilité.
Donc il faut agir maintenant.
Un site international ne doit plus se demander seulement : “sur quel mot-clé suis-je positionné ?” Il doit aussi demander : dans quel pays suis-je considéré comme une source utile par les moteurs IA ?
C’est moins confortable qu’un tableau de positions. Mais c’est le SEO qui arrive.